Problèmes mapping : 12 pannes fréquentes et solutions

Problèmes mapping : 12 pannes fréquentes et solutions
Introduction
Vous êtes sur site, le show est dans 2 heures, et quelque chose ne fonctionne pas. L'image est floue, le blending est raté, le serveur freeze, ou le timecode décroche. Ça arrive. Ça arrive même aux meilleurs.
En 15 ans de terrain, j'ai rencontré chacun de ces problèmes. Plusieurs fois. Sur des projets allant de la petite salle événementielle à l'Arc de Triomphe avec 20+ projecteurs. Et j'ai appris que dans 90% des cas, la cause est identifiable en moins de 5 minutes, à condition de savoir où chercher.
Cet article est un guide de diagnostic pratique. Pour chaque problème : le symptôme visible, les causes possibles classées par probabilité, la solution immédiate, et la prévention pour la prochaine fois.
Gardez cet article en favori. Vous en aurez besoin un jour.
Problème 1 : Image floue ou hors focus
Symptôme
L'image projetée manque de netteté. Les textes sont illisibles, les détails sont empâtés, les contours sont flous.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : la mise au point (focus) est mal réglée.
C'est la première chose à vérifier. Projetez une mire de focus (grille fine ou texte petit) et ajustez la bague de focus du projecteur. Sur les grandes optiques, la mise au point est sensible : un quart de tour peut faire toute la différence.
Cause 2 : le back focus est déréglé.
Le back focus est le réglage de la distance entre l'optique et le capteur d'image. Il se dérègle avec le transport, les vibrations, ou les changements de température. Sur les projecteurs à optiques interchangeables, vérifiez le back focus après chaque montage d'optique.
Cause 3 : vibrations.
Le projecteur vibre (structure non rigide, passage de véhicules, vent). Même des micro-vibrations invisibles à l'oeil nu créent un flou de bougé sur l'image, surtout avec les longues focales.
Cause 4 : dilatation thermique.
Après une heure de fonctionnement, le projecteur a chauffé. L'optique se dilate légèrement, et le focus dérive. Ce phénomène est réel et mesurable, surtout sur les projecteurs haute puissance (+ de 15 000 lumens).
Solution immédiate
- Projeter une mire de focus
- Régler la mise au point manuellement (avec la bague ou via le menu)
- Attendre 30 minutes que le projecteur soit à température, puis re-régler
- Vérifier la stabilité de la structure
Prévention
- Toujours faire la mise au point finale APRÈS la chauffe complète du projecteur (30-45 minutes)
- Utiliser des structures rigides et amorties
- Vérifier le back focus à chaque changement d'optique
- Programmer un re-focus automatique si le projecteur le permet (fonction "auto focus" sur certains modèles)
Problème 2 : Couleurs ternes ou délavées
Symptôme
L'image manque de punch. Les couleurs sont pâles, les noirs sont gris, le contraste est faible. L'image semble "voilée".
Diagnostic
Cause la plus fréquente : la lampe vieillit.
Une lampe à décharge perd 30 à 50% de sa luminosité sur sa durée de vie. Si votre lampe a plus de 2 000 heures, les couleurs semblent délavées simplement parce que l'image est moins lumineuse. Le cerveau interprète "moins lumineux" comme "moins saturé".
Cause 2 : le mode éco est activé.
Beaucoup de projecteurs ont un mode économie d'énergie qui réduit la puissance de la lampe de 20 à 40%. Vérifiez dans les menus que le projecteur est en mode "haute puissance" ou "normal".
Cause 3 : le profil couleur est inadapté.
Le projecteur est réglé en mode "Présentation" ou "sRGB" au lieu de "Cinéma" ou "Custom". Chaque mode applique un traitement colorimétrique différent. Pour le mapping, utilisez un profil neutre ou custom.
Cause 4 : la surface de projection absorbe la lumière.
Une façade en pierre sombre, un mur en béton brut, une surface texturée : toutes ces surfaces absorbent une partie de la lumière et désaturent l'image. Ce n'est pas un problème de projecteur, c'est un problème de surface.
Cause 5 : lumière parasite.
Un éclairage urbain, une enseigne lumineuse, la lune, un projecteur de chantier oublié. Toute lumière ambiante réduit le contraste perçu et "délave" l'image.
Solution immédiate
- Vérifier les heures lampe (menu du projecteur)
- Passer en mode haute puissance
- Régler le profil couleur en mode neutre ou custom
- Augmenter la saturation et le contraste dans le média serveur (post-traitement)
- Éteindre toute source de lumière parasite possible
Prévention
- Remplacer les lampes avant qu'elles n'atteignent 70% de leur durée de vie
- Passer en technologie laser (pas de dégradation lumineuse)
- Faire un test de rendu sur la surface réelle avant le jour J
- Prévoir un éclairage de site contrôlé (éteindre les éclairages parasites)
Pour aller plus loin : Quel vidéoprojecteur choisir pour du mapping ?
Problème 3 : Décalage de synchronisation
Symptôme
Le son et la vidéo ne sont pas calés. La lumière change trop tôt ou trop tard par rapport à la vidéo. Les projecteurs ne sont pas synchronisés entre eux (image qui "glisse").
Diagnostic
Cause la plus fréquente : drift du timecode.
Les horloges internes des machines dérivent naturellement les unes par rapport aux autres. Sans timecode commun, le décalage augmente avec le temps.
Cause 2 : latence réseau.
Les commandes OSC ou ArtNet passent par un réseau qui ajoute de la latence (5-50 ms selon la charge). Si le réseau est partagé avec d'autres usages (internet, caméras), la latence est imprévisible.
Cause 3 : pas de master clock.
Chaque système utilise sa propre horloge. Il n'y a pas de référence commune. Résultat : chacun dérive à son rythme.
Cause 4 : frame rate incohérent.
Le média serveur est en 25 fps, la console lumière en 30 fps. Les positions timecode ne correspondent pas.
Cause 5 : genlock manquant entre projecteurs.
Deux projecteurs affichent la même image, mais leurs rafraîchissements ne sont pas synchronisés. On voit un décalage horizontal (tearing) dans la zone de blending.
Solution immédiate
- Vérifier que tous les systèmes reçoivent le même timecode
- Vérifier que tous les systèmes sont au même frame rate
- Redémarrer le master clock
- Si réseau : passer en LTC filaire (XLR) au lieu d'OSC
- Activer le genlock entre les projecteurs si disponible
Prévention
- Toujours utiliser un master clock (LTC ou générateur dédié)
- Réseau dédié pour le show (pas de partage)
- Tester la synchronisation sur la durée totale du show, pas juste 5 minutes
- Documenter le frame rate dans la fiche technique du projet
Article lié : Synchronisation son, lumière et vidéo
Problème 4 : Artefacts de warping
Symptôme
L'image projetée présente des déformations locales, des lignes brisées, des zones étirées ou compressées. Le contenu ne s'aligne pas correctement sur la surface.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : grille de warping trop grossière.
La grille de déformation n'a pas assez de points de contrôle pour épouser la surface. Les zones entre les points sont interpolées linéairement, ce qui crée des approximations visibles.
Cause 2 : points de contrôle mal placés.
Les points de la grille ne sont pas alignés sur les repères architecturaux (coins, arêtes, moulures). Le warping est "à peu près" mais pas précis.
Cause 3 : le mesh 3D est déformé.
En mapping 3D, le modèle 3D utilisé dans le média serveur ne correspond pas exactement à la surface réelle. Les proportions, les angles, ou les dimensions sont faux.
Cause 4 : le projecteur a bougé.
Un micro-déplacement du projecteur (1-2 mm) suffit à décaler le warping de plusieurs pixels sur la surface. Plus le projecteur est proche de la surface (courte focale), plus le moindre mouvement a un impact visible.
Solution immédiate
- Affiner la grille de warping (ajouter des points de contrôle dans les zones problématiques)
- Recaler les points de contrôle sur les repères architecturaux réels
- Vérifier que le projecteur n'a pas bougé
- Si mapping 3D : recalibrer le modèle 3D par rapport à la surface réelle
Prévention
- Utiliser une grille de warping suffisamment dense dès le départ
- Fixer solidement les projecteurs (anti-vibrations, serrage vérifié)
- Faire un scan 3D précis de la surface
- Préparer des mires de vérification à projeter régulièrement pendant l'exploitation
Article lié : Les erreurs de calibration en video mapping
Problème 5 : Hotspot visible
Symptôme
Une zone lumineuse au centre de l'image, nettement plus brillante que les bords. On parle de "hotspot" ou "point chaud".
Diagnostic
Cause la plus fréquente : angle d'incidence trop prononcé.
Le projecteur est très décalé par rapport à la perpendiculaire de la surface. La partie de l'image la plus proche du projecteur est beaucoup plus lumineuse que la partie la plus éloignée (loi de l'inverse du carré).
Cause 2 : surface trop réfléchissante.
Une surface brillante (verre, métal poli, peinture laquée) crée un reflet spéculaire visible depuis la position du public. L'angle de réflexion renvoie la lumière du projecteur directement vers les spectateurs.
Cause 3 : throw ratio inadapté.
Une optique ultra-courte focale projette une image très large à courte distance. L'angle d'ouverture du faisceau est tel que les bords reçoivent significativement moins de lumière que le centre (vignettage).
Solution immédiate
- Repositionner le projecteur pour réduire l'angle d'incidence (le rapprocher de la perpendiculaire)
- Utiliser la correction de luminosité du média serveur (compensation centre/bord)
- Changer l'optique pour un throw ratio plus adapté
- Si possible, matifier la surface (traitement anti-reflet, peinture mate)
Prévention
- Planifier les positions de projecteurs avec un angle d'incidence maximal de 30 degrés
- Tester le rendu sur la surface réelle avant de valider la position
- Utiliser le simulateur 3D Lumeo pour visualiser les angles de projection avant le montage
Problème 6 : Edge blending raté
Symptôme
Les zones de recouvrement entre deux projecteurs sont visibles : bandes plus claires (sur-luminosité), bandes plus sombres (sous-luminosité), ou différence de couleur entre les deux projecteurs.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : gamma mismatch.
Les deux projecteurs n'ont pas la même courbe gamma. Le blending logiciel suppose une courbe gamma identique. Si un projecteur est en gamma 2.2 et l'autre en 2.4, la zone de recouvrement sera visible.
Cause 2 : overlap insuffisant ou mal calculé.
La zone de recouvrement est trop étroite. Le blending n'a pas assez de pixels pour fondre progressivement. Minimum recommandé : 15-20% de la largeur de l'image par projecteur.
Cause 3 : les projecteurs ne sont pas au même niveau de luminosité.
Un projecteur est à 90% de luminosité, l'autre à 70% (lampe plus vieille, mode éco activé). La transition est visible même avec un blending parfait.
Cause 4 : le blending n'est pas recalibré après un déplacement.
Le projecteur a bougé légèrement. Le blending est calé sur l'ancienne position. La zone de recouvrement est décalée.
Cause 5 : le niveau de noir n'est pas compensé.
Dans la zone de recouvrement, le noir n'est pas noir : c'est la somme des deux faisceaux au minimum. Sans black level compensation, la zone de recouvrement a un noir plus clair que le reste de l'image.
Solution immédiate
- Harmoniser la courbe gamma des deux projecteurs (menu du VP ou calibration logicielle)
- Égaliser la luminosité (lampe à la même puissance, mêmes heures)
- Recalibrer le blending sur la position actuelle des projecteurs
- Activer la compensation de niveau de noir (black level compensation) dans le média serveur
- Vérifier que l'overlap est de 15-20% minimum
Prévention
- Utiliser des projecteurs identiques (même modèle, même lot si possible)
- Calibrer les projecteurs avec une sonde colorimétrique
- Prévoir un overlap de 20% systématiquement
- Documenter la configuration de blending pour la reproduire facilement
Article lié : Edge blending et recouvrement multi-projecteurs
Problème 7 : Média serveur freeze
Symptôme
L'image se fige. Le serveur ne répond plus, ou la lecture saccade fortement.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : GPU saturé.
Le GPU ne peut pas traiter le nombre de couches vidéo, d'effets, ou la résolution demandée. La charge GPU dépasse 95%, le serveur freeze ou drop des frames.
Cause 2 : RAM insuffisante.
Trop de médias chargés simultanément. Le système commence à paginer (swap sur disque), ce qui cause des freezes intermittents.
Cause 3 : disque saturé ou lent.
Les médias sont sur un disque HDD au lieu d'un SSD, ou le SSD est plein à plus de 90%. La bande passante disque est insuffisante pour le débit vidéo requis.
Cause 4 : codec inadapté.
Le média est en H.264 haute compression. Le décodage en temps réel consomme énormément de CPU/GPU. Des codecs adaptés au temps réel (HAP, NotchLC, ProRes) sont beaucoup moins gourmands.
Cause 5 : réseau saturé.
En configuration multi-serveurs, le réseau de synchronisation est saturé. Les paquets de sync sont perdus ou retardés, causant des saccades.
Solution immédiate
- Réduire la charge : fermer les couches vidéo inutiles, baisser la résolution de preview
- Vérifier l'espace disque et la température GPU (monitoring système)
- Si codec inadapté : ré-encoder les médias en HAP ou NotchLC (si le temps le permet)
- Redémarrer le serveur (solution brutale mais souvent efficace)
- Vérifier le réseau (câbles, switch, trafic)
Prévention
- Encoder tous les médias dans un codec temps réel adapté au logiciel (HAP pour Resolume, NotchLC pour Disguise, codec natif pour Modulo)
- SSD dédié aux médias, jamais plein à plus de 80%
- Tester la charge GPU en conditions réelles avant le show
- Monitoring système permanent (GPU, RAM, disque, réseau)
Article lié : Comment bien choisir son média serveur
Problème 8 : Perte de signal vidéo
Symptôme
L'image disparaît sur un ou plusieurs projecteurs. Écran noir, ou message "no signal" sur le projecteur.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : câble défectueux ou mal branché.
Un câble HDMI, SDI ou DisplayPort est mal enfoncé, partiellement débranché, ou endommagé. C'est la cause n° 1. Toujours vérifier en premier.
Cause 2 : distance de câble dépassée.
Chaque protocole a une distance maximale :
| Protocole | Distance max (cuivre) | Distance max (fibre) |
|---|---|---|
| HDMI 2.0 | 10-15 m | 100+ m |
| DisplayPort | 3-5 m | 100+ m |
| SDI (HD) | 100 m | 2 000+ m |
| SDI (4K/12G) | 50-80 m | 2 000+ m |
| HDBaseT | 100 m | N/A |
Au-delà de ces distances, le signal se dégrade progressivement (scintillement, artefacts, puis perte totale).
Cause 3 : incompatibilité de résolution ou de fréquence.
Le serveur envoie du 4K 60 Hz, mais le convertisseur ou le projecteur ne supporte que du 4K 30 Hz. Le handshake HDCP échoue.
Cause 4 : convertisseur défaillant.
Les extendeurs, splitters, matrice de commutation sont des points de panne fréquents. Surtout les convertisseurs HDMI bon marché.
Solution immédiate
- Vérifier physiquement chaque connexion (débrancher et rebrancher)
- Tester avec un câble de remplacement
- Baisser la résolution ou le frame rate pour isoler le problème
- Bypasser le convertisseur suspect (connexion directe si possible)
- Redémarrer le projecteur (réinitialise le handshake HDMI/HDCP)
Prévention
- Câbles de qualité professionnelle (Kramer, Neutrik, Canare)
- SDI plutôt que HDMI pour les longues distances (plus robuste, verrouillable)
- Toujours avoir des câbles et convertisseurs de remplacement sur site
- Tester toute la chaîne signal au montage, avant l'arrivée du public
Problème 9 : Bruit de ventilateurs excessif
Symptôme
Les ventilateurs du projecteur tournent à pleine vitesse, créant un bruit audible et gênant, surtout en intérieur.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : température ambiante élevée.
Le projecteur est dans un espace confiné, mal ventilé, ou la température de la pièce dépasse 30 degrés. Les ventilateurs accélèrent pour compenser.
Cause 2 : filtres encrassés.
Les filtres à air du projecteur sont pleins de poussière. Le flux d'air est réduit, le projecteur chauffe, les ventilateurs compensent.
Cause 3 : mode silence désactivé.
Certains projecteurs ont un mode "silence" qui réduit la puissance de la lampe et la vitesse des ventilateurs. Si le mode est désactivé, les ventilateurs tournent au maximum.
Solution immédiate
- Vérifier et nettoyer les filtres à air (aspirer ou souffler)
- Améliorer la ventilation autour du projecteur (dégager l'espace, ajouter un ventilateur externe)
- Activer le mode silence si le niveau de luminosité le permet
- Baisser la puissance de la lampe (réduit la chaleur et le bruit)
Prévention
- Nettoyer les filtres selon la fréquence recommandée par le fabricant (toutes les 500 à 1 000 heures)
- Prévoir une ventilation suffisante autour de chaque projecteur (minimum 50 cm de dégagement)
- Utiliser des caissons d'insonorisation ventilés pour les installations en salle
- Passer en technologie laser (ventilateurs souvent plus silencieux que les lampes à décharge)
Problème 10 : Surchauffe du projecteur
Symptôme
Le projecteur affiche une alerte température, réduit automatiquement sa luminosité, ou s'éteint en protection thermique.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : ventilation insuffisante.
Le projecteur est dans un espace fermé sans circulation d'air. L'air chaud recircule en boucle.
Cause 2 : température ambiante trop élevée.
La pièce est à 35 ou 40 degrés (toit en plein soleil, salle non climatisée). Le projecteur ne peut pas dissiper sa chaleur.
Cause 3 : altitude.
Au-dessus de 1 500 mètres d'altitude, l'air est moins dense. Le refroidissement est moins efficace. La plupart des projecteurs ont un "mode altitude" qui augmente la vitesse des ventilateurs pour compenser.
Cause 4 : filtres bouchés (même diagnostic que le problème 9).
Solution immédiate
- Éteindre le projecteur et le laisser refroidir (15-20 minutes)
- Nettoyer les filtres
- Améliorer la ventilation (ouvrir les capots si possible, ajouter de l'extraction d'air)
- Activer le mode haute altitude si nécessaire
- Réduire la puissance de la lampe
Prévention
- Concevoir le système de ventilation AVANT l'installation (extraction d'air chaud, apport d'air frais)
- Ne jamais installer un projecteur dans un espace totalement fermé sans extraction
- Prévoir une climatisation pour les installations permanentes en environnement chaud
- Monitorer la température du projecteur en permanence (SNMP, PJLink, ou monitoring intégré)
Problème 11 : Lampe qui s'éteint subitement
Symptôme
Le projecteur s'éteint sans prévenir, ou la lampe ne se rallume pas après une coupure.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : fin de vie de la lampe.
La lampe a atteint sa durée de vie maximale. Certains projecteurs bloquent le rallumage au-delà d'un seuil de sécurité (risque d'explosion de la lampe).
Cause 2 : sécurité thermique.
Le projecteur a coupé la lampe par sécurité thermique (voir problème 10). Attendez le refroidissement complet avant de rallumer.
Cause 3 : problème d'alimentation.
Micro-coupure électrique, onduleur défaillant, câble d'alimentation mal branché. Une coupure de 100 ms suffit à éteindre une lampe à décharge, et le ré-allumage prend 2 à 5 minutes (temps de refroidissement avant re-strike).
Cause 4 : lampe défectueuse.
La lampe a un défaut (rare mais possible). Elle s'éteint de manière aléatoire, sans raison thermique ou électrique.
Solution immédiate
- Vérifier les heures lampe dans le menu du projecteur
- Vérifier la température (attendre le refroidissement si nécessaire)
- Vérifier l'alimentation électrique (onduleur, câble, prise)
- Tenter un rallumage (attendre le cycle de refroidissement complet, 2-5 minutes)
- Si la lampe refuse de s'allumer : changer la lampe (toujours avoir une lampe de rechange sur site)
Prévention
- Surveiller les heures lampe et remplacer préventivement à 80% de la durée de vie annoncée
- Onduleur (UPS) sur chaque projecteur critique (protège contre les micro-coupures)
- Toujours avoir une lampe de rechange sur site (ou un projecteur de backup complet)
- Passer en technologie laser (pas de lampe à remplacer, pas de temps de re-strike)
Problème 12 : Décalage géométrique
Symptôme
L'image projetée ne s'aligne plus avec la surface. Le warping est décalé. Les contenus débordent ou sont décalés par rapport aux repères architecturaux.
Diagnostic
Cause la plus fréquente : la structure a bougé.
Le pont d'accroche, le truss, ou le support du projecteur s'est affaissé ou a été déplacé. Même 2 mm de mouvement du projecteur se traduisent par plusieurs centimètres de décalage sur la surface.
Cause 2 : la calibration est périmée.
Pour les installations permanentes, la calibration vieillit. Les structures travaillent (dilatation thermique, tassement), les projecteurs glissent imperceptiblement dans leurs supports.
Cause 3 : changement de température.
La température a changé significativement entre la calibration et l'exploitation (calibration de nuit à 5 degrés, exploitation de jour à 25 degrés). Les structures métalliques se dilatent, les distances changent.
Cause 4 : le contenu a changé de résolution.
Le nouveau contenu n'a pas la même résolution que celui utilisé lors de la calibration. Le warping ne correspond plus.
Solution immédiate
- Projeter la mire de calibration et vérifier l'alignement
- Si le projecteur a bougé : le repositionner et recalibrer
- Si la calibration est périmée : refaire la calibration complète
- Si le contenu a changé : vérifier la résolution et ajuster
Prévention
- Fixer les projecteurs avec des fixations anti-glissement (safety cables, clamps serrés, goupilles)
- Prévoir une recalibration régulière (mensuelle pour les installations permanentes)
- Utiliser l'autocalibration si le système le supporte (Modulo Kinetic, Disguise)
- Documenter les positions exactes des projecteurs pour pouvoir recaler rapidement
Article lié : Autocalibration 2D en video mapping
Checklist diagnostic rapide
Quand un problème survient, suivez cette checklist dans l'ordre :
1. Vérifications physiques (30 secondes)
- Tous les câbles sont branchés et verrouillés
- Le projecteur est allumé et ne présente pas d'alerte
- La ventilation est dégagée
2. Vérifications signal (1 minute)
- Le serveur envoie un signal (vérifier sur l'écran du serveur)
- Le projecteur reçoit un signal (pas de "no signal")
- La résolution et le frame rate sont corrects
3. Vérifications image (2 minutes)
- Le focus est correct (mire de focus)
- Le warping est aligné (mire de calibration)
- Le blending est propre (fond blanc ou gris uniforme)
- Les couleurs sont correctes (mire de couleur)
4. Vérifications système (2 minutes)
- Le serveur ne freeze pas (monitoring CPU/GPU/RAM)
- Le timecode est reçu par tous les esclaves
- Le réseau fonctionne (ping entre les machines)
- Les heures lampe sont dans les limites
5. Si rien ne marche
- Redémarrer le projecteur
- Redémarrer le serveur
- Vérifier l'alimentation électrique (onduleur, disjoncteur)
- Appeler le support technique
FAQ
Combien de temps faut-il pour diagnostiquer un problème ?
Avec de l'expérience et une checklist, 90% des problèmes se diagnostiquent en moins de 5 minutes. Les 10% restants (panne matérielle, bug logiciel rare) peuvent prendre plus de temps. C'est pourquoi il faut toujours avoir du matériel de remplacement sur site.
Faut-il toujours avoir un projecteur de backup ?
Pour les événements critiques (show en direct, billetterie, corporate), oui. Un projecteur de backup prêt à l'emploi (même modèle, même optique, calibré) est une assurance indispensable. Pour les installations permanentes, un stock de lampes et de pièces détachées suffit si le temps de réparation est acceptable.
Comment prévenir la majorité des problèmes ?
Trois actions couvrent 80% des risques : (1) tester la chaîne complète avant le show, (2) avoir du matériel de remplacement, (3) documenter la configuration pour pouvoir la reproduire rapidement. Le reste, c'est de l'expérience terrain.
Les projecteurs laser ont-ils moins de problèmes ?
Les projecteurs laser éliminent les problèmes liés aux lampes (fin de vie, temps de re-strike, dégradation lumineuse). Mais ils ne sont pas sans panne : les ventilateurs, l'électronique, les optiques et le câblage restent des sources de problèmes potentiels.
Existe-t-il des outils de monitoring à distance ?
Oui. La plupart des projecteurs professionnels supportent PJLink (protocole standard) ou SNMP pour le monitoring à distance : température, heures lampe, statut, alertes. Les médias serveurs (Modulo, Disguise) offrent des dashboards de supervision. Pour les installations permanentes, un système de monitoring est indispensable.
Besoin d'un support technique réactif ?
Les pannes arrivent. Ce qui fait la différence, c'est la rapidité du diagnostic et la disponibilité des solutions. Un bon plan de maintenance et un support technique compétent transforment une crise en simple incident.
Réserver un appel découverte pour discuter de vos besoins en support technique et maintenance.
Ressources complémentaires :
- Les erreurs de préproduction en video mapping : éviter les problèmes avant qu'ils ne surviennent
- Edge blending et recouvrement multi-projecteurs : maîtriser le blending
- Nos outils de calcul gratuits : dimensionnez correctement votre installation

À propos de l'auteur
Baptiste Jazé est consultant expert en vidéoprojection et mapping depuis 15 ans. Il accompagne studios créatifs, prestataires techniques et producteurs dans leurs projets visuels ambitieux.
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