Dalle LED : pixel pitch, specs et comment choisir

Dalle LED : les specs qui décident laquelle on choisit
En bref. Sur un mur de LED, la dalle elle-même ne rate presque jamais. Ce qui rate, c'est un pixel pitch choisi pour le devis et pas pour la distance de vue, ou des dalles d'un même modèle mais de deux lots de production qui ne calibrent pas pareil. Une dalle LED n'est pas un produit interchangeable : c'est un composant avec une fiche technique qu'il faut savoir lire. Le pixel pitch dépend de la distance de vue, le SMD couvre 90 % des cas, le COB se justifie quand on touche la dalle ou qu'on tape gros plan caméra, la calibration usine se perd si on mélange les lots, et la durée de vie utile est une histoire de luminosité résiduelle, pas de panne sèche. Ce guide décortique la fiche, spec par spec.
Sur un mur de LED, la dalle LED n'est presque jamais ce qui rate. Ce qui rate, c'est un pixel pitch choisi pour faire baisser le devis au lieu de la distance de vue. Ou des dalles d'un même modèle, mais de deux lots de production, qui ne calibrent pas pareil et qui tachent à la caméra.
Un panneau LED n'est pas un produit interchangeable. C'est un composant avec une fiche technique, et cette fiche se lit. Ce guide la décortique, spec par spec. Pour le mur de bout en bout, agencement, alimentation, processeur, il y a le guide technique complet du mur LED. Ici, on reste sur la dalle.
Ce qu'est vraiment une dalle LED
Premier piège, et il est sur le devis : le vocabulaire. Cabinet, module, dalle, panneau. Quatre mots, et tout le monde ne met pas la même chose derrière.
Cabinet, module, dalle, panneau
Un module LED est la plus petite brique : une carte couverte de LED. Un cabinet, parfois appelé dalle ou panneau, regroupe plusieurs modules dans un châssis avec son alimentation et sa carte de réception. C'est le cabinet qu'on accroche, qu'on aligne et qu'on devise.
Dans l'usage courant, "dalle LED" et "panneau LED" désignent ce cabinet. Le module, lui, est l'élément qu'on remplace en cas de pixel mort. Savoir lequel est lequel évite les malentendus quand un loueur parle de "100 panneaux" et qu'un autre compte en modules.
Pourquoi un mur LED se devise en panneaux, pas en mètres carrés
Un mur de LED s'assemble à partir d'un nombre entier de cabinets. On ne coupe pas une dalle.
Un cabinet a des dimensions fixes, souvent 500 par 500 mm ou 500 par 1000 mm. La surface finale est forcément un multiple de ces dimensions. Devis en mètres carrés sur un mur de LED : signal d'alerte. On compte en panneaux, parce que c'est la réalité physique du montage. Pour tout le décisionnel du mur complet, on renvoie au guide dédié, on ne le redéveloppe pas ici.
Le pixel pitch : la spec qui décide tout
S'il ne fallait retenir qu'une donnée d'une fiche de dalle LED, ce serait celle-là. Le pixel pitch.
Ce que mesure le pixel pitch
Le pixel pitch est la distance, en millimètres, entre le centre d'une LED et le centre de la suivante. Une dalle P2.6 a 2,6 mm entre deux pixels.
Plus le pitch est petit, plus il y a de pixels au mètre carré, plus l'image est nette de près, et plus le prix monte. C'est la seule spec qui pilote à la fois la résolution et le coût.
Pixel pitch et distance de vue : la règle de calcul terrain
Le pixel pitch se choisit sur la distance de vue la plus proche, pas sur la ligne de budget.
Règle de terrain simple : la distance de vue minimale confortable, en mètres, est proche de la valeur du pixel pitch en millimètres. Une dalle P3 se lit propre à partir d'environ 3 mètres. En dessous, les pixels commencent à se détacher. Pour planifier la surface et le nombre de dalles sans deviner, un calculateur pour planifier dalles et surface fait le calcul.
Les plages courantes
Trois repères, calés sur l'usage :
- P0.9 à P1.5 : broadcast, plateaux TV, gros plan caméra. Le spectateur ou l'objectif est très proche.
- P2 à P3 : corporate, scène, événementiel. Distance de vue moyenne.
- P4 à P6 : extérieur, grand recul. Le public est loin, un pitch fin serait du gaspillage.
L'erreur classique : payer un pitch fin que personne ne verra
Recommander un P1.5 sur un mur regardé à 8 mètres, c'est le pendant LED de recommander un projecteur 30 000 lumens quand un 12 000 suffit.
C'est du budget jeté. Personne, à 8 mètres, ne distingue un P1.5 d'un P3. La différence de prix au mètre carré, elle, se voit très bien sur le devis. Le pitch se choisit sur la distance, jamais sur la peur de "manquer de marge".
SMD, COB, GOB : le package LED, décodé
Le pixel pitch dit combien de LED. Le package dit comment elles sont montées. C'est la deuxième spec qui compte.
SMD : le standard
Le SMD monte chaque LED en surface de la carte. C'est le standard du marché, économique et lumineux.
Pour 90 % des installs, le SMD fait le travail. Sa limite : les LED en surface sont exposées. Sur un mur que le public touche, ou qui prend des chocs au montage, elles sont vulnérables.
COB : robustesse et gros plan caméra
Le COB encapsule les LED sous une couche de résine. La surface devient lisse et résistante.
Le COB encaisse les chocs, supporte le gros plan caméra extrême, et calibre bien. En contrepartie, il coûte plus cher. Il gagne son prix quand le public touche le mur, ou quand une caméra tape très serré sur les pixels.
GOB et les protections de surface
Le GOB ajoute une couche de protection sur un montage proche du SMD. C'est un intermédiaire.
Utile dans certains cas de location ou de manipulation fréquente. Vendu trop souvent comme un argument quand le SMD standard suffirait. À demander seulement si l'usage le justifie vraiment.
Comment choisir le package
Trois questions, dans cet ordre. Qui touche la dalle ? Quelle caméra, et à quelle distance ? Quel budget ?
Si personne ne touche le mur et qu'aucune caméra ne tape en gros plan serré, le SMD suffit. Si le public passe la main dessus ou si l'objectif est collé aux pixels, le COB se justifie. Le reste, c'est du cas par cas.
Lire une fiche de dalle LED sans se faire avoir
La fiche technique d'une dalle est dense. Quatre lignes méritent une lecture attentive.
La luminosité en nits : valeur fiche contre valeur utile
Les dalles intérieures tournent en général autour de 800 à 1 500 nits. Les dalles extérieures montent à 5 000 nits ou plus pour lutter contre la lumière du jour.
Le chiffre de la fiche est un maximum. Faire tourner une dalle à fond raccourcit sa vie et rend rarement bien à la caméra. On prévoit de la marge, pas le plafond.
Le refresh rate et la capture caméra
Pour tout mur de LED qui sera filmé, on vise 3 840 Hz ou plus.
Un refresh trop bas produit des lignes de balayage et un scintillement que l'œil ne voit pas, mais que la caméra enregistre. 3 840 Hz n'est pas du marketing : c'est le seuil qui rend un mur propre à l'image. Sur un mur uniquement vu en live, un refresh plus bas passe, mais la plupart des dalles pro embarquent un refresh élevé par défaut.
La calibration usine : pourquoi mélanger deux lots ruine un mur
Les dalles sont calibrées en couleur à l'usine, par lots de production. Deux dalles du même modèle, mais de deux lots, peuvent montrer un écart visible de luminosité ou de teinte côte à côte.
Sur un même mur, on source un seul lot. Un mur de LED panaché, on le voit à la première caméra. C'est de la physique, pas une option marketing.
Indice de protection, poids et consommation
Les lignes qu'on oublie sur un devis et qui se rappellent au montage.
L'indice de protection conditionne l'usage extérieur. Le poids au panneau décide de la structure d'accroche et du nombre de personnes au montage. La consommation détermine la distribution électrique. Trois chiffres qui ne brillent pas sur une fiche, mais qui plantent un projet quand on les ignore.
Durée de vie d'une dalle LED : ce que veulent dire 100 000 heures
Les constructeurs annoncent souvent 100 000 heures. Ce chiffre est mal lu neuf fois sur dix.
Une durée de vie, ce n'est pas une panne
Les 100 000 heures ne sont pas le moment où la dalle s'éteint. C'est le moment où sa luminosité tombe à environ la moitié de sa valeur d'origine.
Une dalle fonctionne longtemps après. Elle devient juste plus sombre, et plus difficile à accorder en couleur avec ses voisines. La durée de vie utile est une histoire de luminosité résiduelle, pas de panne sèche.
Dalles neuves contre dalles de location
Une dalle de location a un historique d'usure qu'une dalle neuve n'a pas.
Heures de fonctionnement, manipulations, chocs de transport. Sur un mur de LED loué, demander l'âge et l'état du parc fait partie du travail. Pour arbitrer entre les deux, louer ou acheter un mur LED, le guide de décision entre dans le calcul.
Installation permanente : le leasing et le remplacement à 3-4 ans
Sur une installation permanente, le matériel LED est souvent en leasing plutôt qu'acheté sec.
La raison est exactement celle de la durée de vie : une dalle qui perd de la luminosité avec les années finit par ne plus s'accorder avec le reste. Beaucoup d'installs permanentes remplacent leurs dalles tous les 3 à 4 ans pour cette raison. On planifie le renouvellement, on ne le subit pas.
Quand une dalle LED n'est pas la bonne idée
La dalle LED n'est pas la réponse à tout. Trois cas où c'est le mauvais choix.
Quand le recul existe et que l'ambiance lumineuse se maîtrise. À surface égale, une projection coûte souvent moins cher qu'un mur de LED. Si l'espace et la lumière le permettent, la question mérite d'être posée. Le détail est dans comparer un mur LED et une projection.
Quand on prend un pitch fin "pour la marge de sécurité". Un P1.5 sur un mur vu à 8 mètres, c'est du budget jeté. Le pitch se cale sur la distance réelle, pas sur une marge qui ne sert personne.
Quand on panache des références ou des lots pour boucler une surface. Un mur qui ne calibre pas uniformément se repère à la première caméra. Compléter une surface avec un autre modèle, ou un autre lot, c'est se garantir une tache visible.
Réponses directes
Qu'est-ce que le pixel pitch d'une dalle LED ? Le pixel pitch est la distance, en millimètres, entre le centre d'une LED et le centre de la suivante. Une dalle P2.6 a 2,6 mm entre deux pixels. Un pitch plus petit signifie plus de pixels au mètre carré, une image plus nette de près, et un prix plus élevé. C'est la seule spec qui pilote à la fois la résolution et le coût.
Comment choisir le bon pixel pitch ? On cale le pitch sur la distance de vue la plus proche, pas sur la ligne de budget. Règle de terrain : la distance de vue minimale confortable, en mètres, est proche de la valeur du pixel pitch en millimètres. Une dalle P3 se lit propre à partir d'environ 3 mètres. En dessous, les pixels se détachent. Un calculateur retire la part de devinette.
Quelle différence entre les dalles LED SMD et COB ? Le SMD monte chaque LED en surface de la carte : c'est le standard, économique et lumineux. Le COB encapsule les LED sous une couche de résine : il encaisse les chocs, supporte le gros plan caméra extrême, et coûte plus cher. Pour 90 % des installs, le SMD suffit. Le COB gagne son prix quand le public touche le mur ou qu'une caméra tape serré.
Combien de temps dure une dalle LED ? Les constructeurs annoncent autour de 100 000 heures, mais ce chiffre n'est pas un point de panne. C'est le temps qu'il faut pour que la luminosité tombe à environ la moitié de sa valeur d'origine. La dalle fonctionne encore longtemps après : elle devient juste plus sombre et plus dure à accorder. Sur les installs permanentes, les dalles sont souvent en leasing et remplacées tous les 3 à 4 ans.
Peut-on mélanger des dalles LED de lots différents ? À éviter. Les dalles sont calibrées en couleur à l'usine, par lots de production. Deux dalles du même modèle issues de lots différents peuvent montrer un écart visible de luminosité ou de teinte côte à côte. Sur un même mur, on source un seul lot. S'il faut vraiment mélanger, on prévoit du temps pour une recalibration sur site.
Combien de nits faut-il pour une dalle LED ? Ça dépend de l'environnement. Les dalles intérieures tournent en général autour de 800 à 1 500 nits, les dalles extérieures montent à 5 000 nits ou plus pour lutter contre la lumière du jour. Le chiffre de la fiche est un maximum : faire tourner une dalle à fond raccourcit sa vie et rend rarement bien à la caméra. On prévoit de la marge, pas le plafond.
Quel refresh rate pour le travail caméra ? Pour tout mur destiné à être filmé, on vise 3 840 Hz ou plus. Un refresh trop bas produit des lignes de balayage et un scintillement que l'œil ne voit jamais, mais que la caméra enregistre. Pour un mur uniquement vu en live, un refresh plus bas passe, mais la plupart des dalles pro embarquent un refresh élevé par défaut.
Une dalle LED, c'est de la physique sur une fiche, pas une option marketing. Le pixel pitch se cale sur la distance, le package sur l'usage, et les lots ne se mélangent pas. Si vous avez un projet de mur de LED à auditer et un doute sur les dalles retenues, une seconde opinion sur un projet d'intégration mur LED coûte moins cher qu'un mur qui tache à la première caméra. Et pour la vue d'ensemble, le guide complet est plus haut.

Consultant et formateur vidéo mapping
Quinze ans d'installations monumentales et muséales : Arc de Triomphe (7 éditions), Museum of Art and Light Kansas (108 projecteurs), Atelier des Lumières. Conception, calibration multi-projecteurs, audit, formation Modulo Kinetic.
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