Préparer un projet de mapping : workflow 2D vs 3D

Préparer un projet de mapping : workflow 2D vs 3D
Introduction
Quand on prépare un projet de mapping vidéo, une des premières décisions à prendre : est-ce qu'on part sur une approche 2D ou 3D ?
Cette décision impacte tout : le temps de préparation, le budget, le workflow des studios d'images, et la qualité finale du rendu.
J'ai bossé sur des projets où on a fait du 2D simple (repérage photo, projection plane), et sur d'autres où on a fait un scan 3D complet avec retopologie et intégration dans Modulo Kinetic.
Les deux approches ont leur place. Voici comment choisir la bonne.
Workflow 2D : la méthode rapide
Quand utiliser le workflow 2D ?
Cas d'usage typiques :
- Projection sur façade plate (ou avec peu de relief)
- Délais courts
- Événement ponctuel, pas d'installation permanente
- Contenu principalement 2D (illustrations, animations graphiques)
L'idée : Vous prenez des photos de repérage, vous créez une mire dans Photoshop qui servira à la création des images. Pas de modèle 3D, pas de scan.
Les étapes du workflow 2D
1. Cadrage et positionnement des projecteurs
Première étape : repérage sur site. Où allez-vous installer les projecteurs ? Quelle distance ? Quelles optiques ?
🧮 Outil : Utilisez le calculateur de vidéoprojection pour déterminer throw ratio, taille d'image, et lumens nécessaires.
2. Repérage photo
Vous photographiez la surface de projection depuis chaque position de projecteur. Ces photos servent de base pour :
- Créer les mires de calibration
- Donner aux studios un visuel de référence
- Préparer le warping sur site
Astuce : Faites les photos de nuit, dans les conditions de diffusion réelles. Ça évite les mauvaises surprises.
3. Création des mires 2D
À partir des photos, vous créez des mires de calibration : contours, points de repère, grilles. Ces mires servent :
- Aux studios pour aligner leur création sur la géométrie réelle
- Sur site pour warper rapidement
🎯 Outil : Le calculateur de nombre de projecteurs génère automatiquement des mires pixel-perfect avec grilles et repères.
4. Workflow studios : création 2D puis rendu
Les studios reçoivent les mires et créent leur contenu en 2D (After Effects, Photoshop, etc.). Mais souvent, pour des raisons esthétiques, ils modélisent la façade en 3D pour pouvoir animer des éléments en volume.
Important : Même si les studios créent en 3D en interne, ils livrent un média 2D aplati, prêt à projeter. C'est ce média 2D qui sera diffusé par le média serveur.
5. Calibration sur site
Le jour J, vous warpez à partir des mires préparées. Si la façade est relativement plane, ça va vite.
Avantages du workflow 2D
- Rapide : pas de scan, pas de modélisation
- Économique : moins de temps de préparation
- Accessible : pas besoin de compétences 3D avancées
- Suffisant pour beaucoup de projets (façades plates, événements ponctuels)
Limites du workflow 2D
- Précision limitée sur surfaces avec relief
- Warping manuel plus long sur site si la géométrie est complexe
- Les studios travaillent "à l'aveugle" sans modèle 3D précis
- Difficile de faire des études photométriques précises
Workflow 3D : la méthode professionnelle
Quand utiliser le workflow 3D ?
Cas d'usage typiques :
- Surface avec du relief (façade historique, architecture complexe, sculpture)
- Installation permanente où la précision compte
- Budget permettant d'investir dans la préparation
- Besoin de faire des études de positionnement dans un environnement 3D
L'idée : Vous créez un modèle 3D précis de la surface, vous l'importez dans Modulo Kinetic pour faire vos études, et vous livrez un toolkit complet aux studios.
Les étapes du workflow 3D
1. Cadrage et étude préalable
Même logique que le workflow 2D : où projeter, combien de projecteurs, quelles distances.
Mais en plus, vous anticipez la modélisation : est-ce qu'un scan est nécessaire ? Photogrammétrie ? Ou modélisation à la main ?
2. Scan 3D ou photogrammétrie
Pour obtenir une géométrie précise, vous avez deux options :
Scan 3D (LiDAR ou scanner laser) :
- Très haute précision (millimétrique)
- Capture les détails architecturaux (corniches, sculptures, reliefs)
- Coûteux en temps et en équipement
Photogrammétrie :
- Moins cher (juste un appareil photo et un logiciel)
- Bonne précision si bien exécuté
- Résultat : nuage de points puis maillage 3D
Résultat : Un modèle 3D "raw" (high poly), très détaillé, mais souvent trop lourd pour être utilisé tel quel.
3. Retopologie : création d'un modèle low poly
Le scan brut contient des millions de polygones. Impossible à utiliser en temps réel dans un média serveur.
L'étape de retopologie consiste à :
- Recréer un maillage optimisé (low poly) par-dessus le scan
- Garder les détails importants, supprimer le superflu
- Obtenir un modèle léger, exploitable
Pourquoi c'est important :
- Le modèle low poly peut être importé dans Modulo Kinetic pour les études
- Il peut aussi être utilisé directement dans un moteur 3D temps réel (si vous faites du contenu génératif)
- Les studios peuvent travailler avec pour créer leurs animations 3D
4. Import dans Modulo Kinetic : études de projection
Une fois le modèle low poly prêt, vous l'importez dans Modulo Kinetic.
Ce que ça permet :
- Positionner les projecteurs dans l'espace 3D avec une précision millimétrique
- Tester différentes configurations (distances, optiques, overlaps)
- Faire des études photométriques : est-ce que 10 000 lumens suffisent ? Faut-il plus ?
- Choisir les bonnes optiques en visualisant le rendu réel
C'est un gain de temps énorme : vous validez tout en amont, sans surprise sur site.
5. Déplié UV : création des patterns 2D
Même si vous avez un modèle 3D, les studios travaillent souvent en 2D. Il faut donc "déplier" le modèle 3D en 2D, c'est ce qu'on appelle le UV mapping.
Résultat : Des patterns 2D (images planes) qui, une fois appliqués sur le modèle 3D et projetés, s'alignent parfaitement sur la géométrie réelle.
Ces patterns sont livrés aux studios avec le modèle 3D.
6. Livraison du toolkit clé en main
Vous livrez aux studios :
- Le modèle 3D low poly (pour animer en 3D si besoin)
- Les patterns 2D (dépliés UV)
- Les mires de calibration
- La configuration des projecteurs (positions, résolutions, overlaps)
Les studios ont tout ce qu'il faut pour travailler avec précision.
7. Calibration sur site (avec autocalibration possible)
Deux options :
Calibration manuelle : Vous warpez en pointant des points de repère sur le modèle 3D importé dans Modulo Kinetic. Précis, mais ça prend du temps.
Autocalibration 3D : Si vous avez le budget et l'équipement (caméras, dongles), Modulo Kinetic peut faire une autocalibration automatique des projecteurs. Gain de temps énorme.
📌 Note : L'autocalibration 3D fera l'objet d'un article dédié (calibration manuelle et automatique).
Avantages du workflow 3D
- Précision maximale : le modèle reflète la réalité au millimètre
- Études en amont : validation des choix techniques avant d'arriver sur site
- Toolkit complet pour les studios : ils travaillent avec des références précises
- Gain de temps sur site si autocalibration
- Qualité finale supérieure sur surfaces complexes
Limites du workflow 3D
- Temps de préparation : scan, retopologie, UV mapping
- Coût : équipement, compétences 3D, licences logicielles
- Nécessite des compétences avancées en 3D et en média serveur
Tableau comparatif : 2D vs 3D
| Critère | Workflow 2D | Workflow 3D |
|---|---|---|
| Surface | Plane ou peu de relief | Relief, architecture complexe |
| Temps de préparation | Court (quelques jours) | Long (1-2 semaines) |
| Précision | Bonne sur surfaces planes | Excellente |
| Toolkit studios | Photos + mires 2D | Modèle 3D + UV + mires |
| Calibration sur site | Warping manuel | Manuelle ou autocalibration 3D |
| Outils nécessaires | Appareil photo, logiciel 2D | Scanner/photogrammétrie, logiciel 3D, Modulo Kinetic |
Comment choisir ?
Posez-vous ces questions :
1. La surface a-t-elle du relief significatif ?
- Non (façade plate, mur lisse) → Workflow 2D suffit
- Oui (fenêtres en retrait, corniches, sculptures) → Workflow 3D recommandé
2. Est-ce une installation permanente ou un événement ponctuel ?
- Ponctuel → Workflow 2D souvent suffisant
- Permanent → Workflow 3D garantit qualité et pérennité
3. Avez-vous besoin de valider les positions projecteurs en amont ?
- Non (flexibilité sur site) → Workflow 2D
- Oui (contraintes strictes, validation client) → Workflow 3D avec Modulo Kinetic
4. Les studios ont-ils besoin d'un modèle 3D précis ?
- Non (contenu 2D simple) → Workflow 2D
- Oui (animations 3D complexes) → Workflow 3D
Conclusion
Il n'y a pas de "meilleur" workflow. Il y a le workflow adapté à votre projet.
Le workflow 2D, c'est l'efficacité et la rapidité. Le workflow 3D, c'est la précision et la maîtrise totale.
Prenez le temps de bien cadrer votre projet en amont. Évaluez les enjeux, le budget, la complexité. Et choisissez la méthode qui a du sens.
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À propos de l'auteur
Baptiste Jazé est consultant expert en vidéoprojection et mapping depuis 15 ans. Il accompagne studios créatifs, prestataires techniques et producteurs dans leurs projets visuels ambitieux.
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